Action

Novembre 2017

NaNoWriMo arrangé : une nouvelle par jour pendant un mois

La place était vide. La nuit était tombée sur le village, apportant enfin un semblant de fraicheur après une journée caniculaire. Tous les volets étaient clos, dans l’ultime espoir de laisser la chaleur à l’extérieur. Les trottoirs brûlants, la fontaine asséchée, les oliviers noueux… tout semblait abasourdi de soleil, donnant au village une atmosphère lascive et étouffée. 

Au milieu de cette langueur de début de nuit, une silhouette s’agitait. Là où tout était ralenti, elle marchait d’un pas vif. Ses talons frappaient le pavé avec régularité, d’une démarche sûre et rapide. La femme n’hésitait pas une seconde aux embranchements, suivant un trajet connu par coeur depuis des années. C’était à peine si elle jetait un coup d’oeil sur le côté avant de traverser. Elle avait l’habitude : après de telles journées, la circulation était arrêtée. 

Elle ne s’y était jamais habituée, au pas lent et pesant du pays. Elle restait vive et légère, lointain héritage de ses origines nordiques, là où le soleil ne pesait pas de tout son poids sur les épaules, là où le moindre mouvement ne demandait pas un effort et une volonté immenses. Alors elle marchait, pressée, le long du trottoir. Elle atteignit la place déserte, passa le long des bancs en pierre sans leur accorder un regard, contourna la fontaine sèche sans s’en approcher. 

Elle était déjà en retard, elle devait rentrer. Elle ne faisait pas attention à ce qu’il se passait autour d’elle tant elle était plongée dans ses pensées. Elle élaborait déjà la liste de ses activités. Elle avait tant à faire en rentrant chez elle ! Elle ne devait pas trainer si elle voulait rapidement se coucher. D’ailleurs, il fallait qu’elle décide dès maintenant ce qu’elle allait bien pouvoir préparer pour le diner. 

Elle ne vit pas l’homme se faufiler derrière elle. Elle ne le sentit pas se rapprocher de son dos. Elle ne devina pas le mouvement du couteau. Elle ne put que pousser un grand cri lorsqu’elle sentit la lame se glisser entre ses côtes. Un hurlement avant que l’homme ne lui plaque une main puissante sur la bouche. Un ultime appel à l’aide qui de toute manière ne serait pas entendu dans le village endormi. L’homme la frappa à nouveau. Ses yeux se fermèrent. 

 

- Coupez ! Non, non Alicia ça ne va pas du tout ! On dirait un vulgaire cochon qu’on égorge ! Garde la peur, garde l’effroi mais rajoute de la délicatesse, de la retenue… Tu n’es pas n’importe qui ! Allez, en place, on la refait.

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