Aube

Octobre 2010

Une heure. Puis deux. Rien ne change. Tout se ressemble. Juste l'ombre qui a tourné. Juste la lumière qui s'est imposée. L'aube. Lumières roses et orangées. Gris, encore, qui s'étire le long de la plage jusqu'aux arbres. Vent glacial. Odeur d'embruns. Assise seule. Face au large. Face à l'horizon inconnu. Recroquevillée par le froid. La tête posée sur les genoux. Ferme les yeux.


Juste entendre.


Entendre les vagues, si proches. Entendre le vent siffler dans la dune. Entendre les vieux arbres craquer paresseusement dans la forêt. Entendre le cri perçant d'une mouette. Entendre, diffus, les bruissements de la ville qui s'éveille. Entendre, au loin, les sirènes du port. Entendre le bruit léger des doigts s'enfonçant dans le sable humide de rosée.


Juste sentir.


Sentir la mer. Sentir le sel. Sentir l'odeur verte des herbes rases. Sentir le vent qui s'infiltre dans les vêtements. Qui paralyse de froid le visage. Qui joue dans les cheveux. Sentir l'humidité. Sentir l'air matinal. Sentir l'atmosphère de l'aurore. Sentir la présence discrète d'un crabe qui s'approche timidement. Sentir ce calme de premières heures du jour. Sentir la naissance de la vie. Sentir cette explosion d'activités invisibles. Sentir que la journée commence. Sentir qu'il est temps d'aller vivre.


Ouvre les yeux. Le soleil s'est levé.

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