Ephémère

Novembre 2017

NaNoWriMo arrangé : une nouvelle par jour pendant un mois 

Un métro, un siège, un soupir. Bonheur de s’assoir et se laisser porter. Couloirs vides. Calme, bruits étouffés. Un arrêt, les portes s’ouvrent. Quelqu’un assis en face. Vite, trouver une activité. Montrer combien on est occupé.

Les arrêts défilent. L’autre reste. Les passagers vont et viennent. L’autre est immobile. Gros plan sur ses chaussures, sur ses genoux. Les yeux dans le vague. Monotonie du voyage. Berceuse de la rame.

Les regards se croisent. Furtifs, rapides. Sourires gênés, bien vite dissimulés. Chacun s’affaire, n’ose plus regarder. Mais les yeux se lèvent à nouveau, échange plus appuyé. Un émoi, rapide, léger. Un autre sourire, prise de contact éphémère. Accepter enfin qu’il puisse exister.

Le trajet continue modifié. Se regarder, encore ? Se parler, vraiment ? S’ignorer, probablement ? Heureusement l’autre se lève. Il est arrivé. Un dernier regard en arrière. Il descend sur le quai. Le métro repart, lui n’est déjà plus là. Ce n’était pas même le début d’une histoire, tout juste un petit émoi.

Il a disparu dans la foule. Homme à jamais inconnu. Qui est-il ? Où va-t-il ? Pourquoi a-t-il partagé cet infime moment d’éternité ? Seulement la possibilité d’imaginer. Instant éphémère et léger. Dès demain oublié.

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