Meurtre à Saumur

Novembre 2017

NaNoWriMo arrangé : une nouvelle par jour pendant un mois

- Nom, âge, profession. 

- Félix, huit ans, gardien dans les écuries du Cadre Noir. 

 

- J’imagine que vous savez pourquoi vous êtes là, Félix. 

 

- Non, je suis très surpris. On est venu me chercher ce matin à la première heure et on m’a conduit ici sans me donner plus d’explications. 

 

- Je suppose que vous êtes au courant des derniers événements qui ont marqué le Cadre Noir ? 

 

- Vous voulez parler de ce terrible meurtre ? Bien entendu, qui n’en a pas entendu parlé ! Quelle tragédie…

 

- Je partage bien votre avis. C’est pourquoi je tiens à tout mettre en oeuvre pour retrouver le coupable au plus vite. Ce qui nous amène à votre présence ici. 

 

- Qu’est-ce que je dois comprendre ? Vous me soupçonnez ?!

 

- Calmez-vous, s’il-vous-plait. Rasseyez-vous. De toute manière, vous ne pourrez pas sortir d’ici tant que vous n’avez pas répondu à mes questions. 

 

- Je refuse ! Je n’ai plus rien à vous dire. Ramenez-moi chez moi. 

 

- Vous reconnaissez donc avoir un lien avec cette affaire ? 

 

- Mais absolument pas ! Je suis justement offusquée que vous puissiez avoir de telles idées !

 

- Je n’ai pas d’idées particulières, monsieur Félix. Je cherche seulement à comprendre les faits. Alors si vous le voulez bien, nous allons retracer ensemble la soirée du 15 octobre. Mademoiselle Blanche a quitté son logement, situé au dessus des écuries principales, vers 23h30. Des témoins l’ont vue partir vers la carrière couverte puis nous perdons toute trace d’elle. Vers 5h, le gardien de service Simba, votre collègue donc, retrouve son corps éparpillé en plusieurs morceaux à proximité du bâtiment central. De larges parties du torse sont manquantes, le reste est déchiqueté. Le sol autour d’elle a été piétiné et révèle un combat particulièrement violent à la suite d’une course poursuite. Pour le moment, je vous semble clair ? 

 

- Parfaitement clair. 

 

- Connaissiez-vous la victime ? 

 

- Sans plus. Je l’ai déjà croisée à plusieurs reprises, mais nous n’avions pas plus de liens que cela. 

 

- C’est étrange, j’ai au contraire entendu dire que vous et Blanche vous connaissiez et étaient brouillés. 

 

- Oh, vous savez, tout le monde se connait plus ou moins à l’écurie. Ça ne veut rien dire. 

 

- Certes, mais tout de même, un témoin parfaitement digne de confiance affirme vous avoir entendu proférer des menaces de mort à l’encontre de la victime quelques jours avant son assassinat ! 

 

- Il ne faut pas prendre au sérieux toutes ces histoires voyons… Je suis un sanguin, moi ! Je ne pense pas forcément tout ce que je dis. 

 

- Notez tout de même que la coïncidence est troublante. A ce propos, que faisiez-vous la nuit du 15 octobre ? 

 

- J’ai fini ma ronde vers 22h30, donc je suis rentré chez moi passer un moment au coin du feu. J’ai du m’y endormir et j’ai été réveillé par les cris de Simba qui donnait l’alerte. 

 

- Vous confirmez donc que vous avez passé la nuit devant la cheminée du salon et que vous n’en avez pas bougé ? 

 

- Parfaitement. 

 

- Dans ce cas, comment se fait-il que les caméras de surveillance du vestibule vous aient filmé à 3h ? 

 

- …

 

- Et comment expliquez-vous la boue fraiche trouvée à votre domicile alors que cette nuit là, la pluie n’est tombée qu’à partir d’1h30 ? 

 

- …

 

- Vous ne répondez plus rien ? 

 

- Elle me narguait, que voulez vous que je vous dise ? Elle passait devant moi tous les jours, se faufilait dans les couloirs réservés au personnel, ne respectait rien ni personne… Alors j’ai craqué. Je savais qu’elle avait rendez vous cette nuit-là donc je l’ai attendue et je l’ai attaquée.

 

- Monsieur Félix, chat de garde à l’écurie du Cadre Noir, vous reconnaissez donc le meurtre avec préméditation de Mademoiselle Blanche, souris de son état ? 

 

- Je le reconnais. 

 

- Je vous condamne à une démission immédiate de vos fonctions. Je me chargerai d’organiser votre adoption au sein d’une famille vivant en appartement. Le grand air, c’est fini pour vous mon vieux. Allez, ramenez le dans sa cellule. 

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